Nous avons toujours le choix…

 

Il ne se passe pas une journée sans que l’on mentionne cette désinformation néfaste ou « fake news » qui fait le jeu des complotistes ou pire des industriels peu scrupuleux. Loin de vouloir m’immiscer sur le terrain politique je voudrais attirer votre attention sur les méfaits de cette désinformation sur notre vie au quotidien.

Mais de quoi s’agit-il ?

Dans semaines à venir je partagerai avec vous quelques exemples qui nous permettront de mieux comprendre les enjeux économiques de cette désinformation et les répercussions sur notre quotidien, notre santé et celle de la planète.

Dans cette première épreuve, j’ai choisi de commencer par le secteur agricole qui se nourrit constamment de paradoxes. D’un côté les petits agriculteurs, dont les semaines dépassent les 80 heures, soucieux de produire des denrées de qualité et surtout d’en vivre décemment ; de l’autre côté l’agriculture industrielle retranchée derrière la patronne de la FNSEA qui vante les mérites d’une agriculture moderne, indépendante, durable et soucieuse du bien être des consommateurs.

Qui faut-il croire ?

A en croire, les échanges passionnés sur LinkedIn relatifs à mon dernier post sur le plastique qui recouvre les champs de maïs et carottes bio dans les landes, afin d’accélérer la germination, j’ai compris que vous étiez nombreux à partager mes craintes.

Faut il admettre que l’agriculture subventionnée par la PAC, soutenue par nos gouvernements et les grands industriels de la semence et des produits phytosanitaires soit devenue si lucrative que rien de pourra l’arrêter ? C’est un risque avéré, mais le changement de comportement de chaque consommateur que nous sommes est le facteur déclenchant du changement à venir.

Mieux manger et moins consommer de produits transformés est une doctrine ancienne souvent dénigrée et boboïsée. La récente émission sur les steaks cordon bleus industriels diffusée sur Arte (chaine passionnante mais intellectuellement disruptive par rapport aux exhibitions des marseillais et tchi en tous genres) nous expliquait que nos industriels de l’alimentation pensaient en permanence à l’optimisation des leurs marges plutôt qu’au bien être des consommateurs. Rien de répréhensible, puisqu’ils agissent toujours dans le cadre des réglementations édictées par l’Europe ou les gouvernements, si ce n’est que le lobbying permanent de ces industriels sur les rédacteurs de réglementations et de lois est constant et efficace.

Pour élaborer un futur plus vert et moins anxiogène, vous possédez une arme fatale, plus puissante qu’un bulletin de vote, il s’agit de votre porte-monnaie. Sachez à qui vous confiez votre avenir et votre santé en investissant dans votre alimentation.

Spécialiste du secteur marin, j’ai choisi d’accompagner des entreprises dont les valeurs rejoignent ma vision et mes convictions. Je travaille depuis plus de deux ans sur le développement de la filière des algues organiques. J’ai voulu savoir si l’on pouvait produire des algues organiques pour des applications aussi variées que l’alimentation, les biomatériaux, la cosmétique et les produits pharmaceutiques ? dans ma quête de solutions alternatives, nos équipes ont identifié plus de 160 producteurs indépendants d’algues organiques autour du monde. Des algues sans pesticides, sans métaux lourds, et qui contribuent à l’amélioration de l’environnement côtier, qui permettent d’accélérer le développement des collectivités locales et souvent autochtones, en assurant un salaire décent aux producteurs, et en améliorant la qualité finale des produits industriels. Il est par ailleurs très important de souligner que cette filière d’algues organiques est en majorité organisée et gérée par des femmes dont l’objectif principal est de créer une ressource durable pour leur famille et leur collectivité

Pour faire avancer cette filière, il faut se battre et faire valoir ses avantages auprès des grands industriels du secteur. Certains sont réceptifs et ont anticipé la demande grandissante des consommateurs.  Sous leur impulsion, un changement de fond est en marche et de plus en plus de concitoyens l’ont compris et accélèrent cette demande. 

Face à cette réalité criante de changement, vous ne pourrez plus dire à vos enfants, que vous ne saviez pas. Ma génération a milité pour libérer les idées, ouvrir les consciences, améliorer notre quotidien, partager la connaissance et en fin de compte nous avons donné le champ libre à une course au profit, à une industrialisation déraisonnée, nous avons accéléré le bouleversement climatique, augmenté la concentration de richesses de façon disproportionnée et amorcé tant de bombes à retardement que le déminage prendra encore quelques décennies.

Mais toute fin est le début d’une nouvelle histoire à écrire et je souhaite terminer sur un message d’encouragement en vous confirmant que vous avez le choix :  Bernard Werber : « On dit que le battement d'ailes d'un papillon peut engendrer un typhon à l'autre bout du monde. Or, vous possédez un souffle plus important que celui provoqué par le battement d'une aile de papillon, n'est-ce-pas ? »

Best in blue…

Pierre Erwes

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